ERIC MOREAU
"You are too concerned with what was and what will be. There is a saying: yesterday is history, tomorrow is a mystery, but today is a gift. That is why it is called the present"
Les origines
Depuis l'adolescence, je suis quelqu'un de plutôt actif, toujours prêt à transpirer, et je touche un peu à tout : voile, judo, volley-ball, badminton, tennis, VTT, rando, ski, ... Mais, pour comme beaucoup de gars de ma génération, cela se fait sans vraie préparation, ni suivi : tant que ça passe, on continue, quand ça coince on lève le pied.
De fait, fin août 2001, à 36 ans passés, je souffre d'une n-ième sciatique après avoir sorti, sans trop faire attention, des potes à mon fils de la piscine. D'habitude ces douleurs passent toutes seules après quelques dolipranes, un passage chez l'ostéo, et une bonne semaine de repos ... Ce ne sera pas le cas cette fois-ci !
Septembre 2001, je me force à aller bosser car j'ai été embauché en mars chez Thalès Services. Je boîte et on peut me voir parfois allongé par terre, dans le bureau, sans souci du regard des autres, afin de tenter de décontracter mon dos. Les plus bienveillants de mes collègues (les plus âgés) me conseillent de rester chez moi et de soigner ça. Mi-septembre, le médecin m'arrête une semaine, puis deux. Cette période d'arrêt va finalement durer quatre mois ... L'IRM montre une "grosse hernie discale exclue entre L4 et L5, appuyant sur le bas du canal rachidien". L'opération est possible, mais ne va pas forcément résoudre le problème. Pendant des semaines, mon toubib de famille va essayer tous les moyens médicamenteux pour décongestionner la zone et résorber l'hernie. Je ne suis bien dans aucune position, ni debout, ni allongé. Je dors très mal, la douleur me réveille dès que je me tourne. Je finis par ne plus quitter le canapé.
Malgré tout, je prends mon mal en patience, littéralement. Avec un ordi portable, un téléphone à portée de main, la télécommande de la télé aussi, la vie s'écoule. Malgré la douleur et les contraintes, j'apprécie finalement ce temps qui m'est donné à laisser vagabonder mon esprit. Par la fenêtre, je vois l'automne arriver, les feuilles tomber, puis les premières gelées. Je fais le tri dans les papiers. Je discute beaucoup par téléphone et par mail. J'arrive à dépanner à distance les pauvres collègues qui ont récupéré mes activités. Les amis, les voisins passent régulièrement, surtout ceux qui ont déjà vécu ce genre de situation. Sur le conseil de certains, j'essaye un peu de méditation afin de supporter les douleurs avec le moins de molécules possibles. Et, ma foi, ça fonctionne un peu, mais après les décontractants musculaires, la cortisone, puis la morphine deviennent bientôt nécessaires.
Fin novembre 2001, la manœuvre de Lasègue, pratiquée à chaque visite par le toubib montre que la situation se dégrade : l'opération ne peut plus être retardée sous peine de séquelles neuropathiques (compression du niveau du canal rachidien) ...
Deux jours plus tard, l'ablation de l'hernie est une réussite totale. Dès le lendemain de l'opération je peux tenir debout, vraiment épaté de ne pas hurler de douleur en posant le pied droit au sol. Mais le reflet dans le miroir me fait peur, mon corps est méconnaissable, j'ai perdu 20kg et je ne peux rester debout plus de 10 min sans faiblir. Mon corps est épuisé par l'épreuve récente et garde un souvenir très précis de la douleur ...
2002-2009 : pratique du Taïji et de l'Aïkido
Dès le début de la convalescence, je décide de ne pas jouer au con (enfin ?) et de faire une rééducation sérieuse. La remise en état se fera d'abord sur fond de natation, entre janvier et août 2002. Il faut remuscler les cuisses, gainer le dos, et regagner la souplesse perdue.
A l'automne 2002, je vais déjà bien mieux et j'ai envie de reprendre une activité plus ludique que la natation. Mon entourage me propose de découvrir les activités proposées au dojo de Fonsorbes : l'Aïkido, art martial japonais, fluide et rond, et le Taïji, qu'on présente parfois comme de la "gymnastique chinoise". A la base, je suis plus attiré par l'Aïkido car, dans ma tête, le Taïji est un truc de vieux, "c'est ce qu'on voit dans les parcs en Asie, c'est joli mais c'est mou, c'est lent ..."
L'ambiance au dojo est super bonne et comme les 2 activités s'enchainent 2 soirs par semaine, je croise les pratiquants de Taïji dans les vestiaires : ça discute et je vois bien que les anciens aïkidoka ont beaucoup de respect envers ces gens "en pyjama" qui ont un "putain d'ancrage" ... "Essaye un stage, me disent-ils". Je le fais, un stage d'applications martiales encadré par Jean-Jacques Galinier. Oups, c'est pas que pour les vieux ...
Du coup, de temps en temps je reste suivre le cours de Taïji après celui d'Aïkido. Le style Yang de cette forme longue dite "forme 108" enseignée par Michel Mazars me séduit très rapidement : les gestes très doux et spiralés, sont finalement très similaires à l'Aïkido, avec toutefois moins d'intentions explicitement martiales. On cherche juste à "faire circuler l'énergie".
Curieusement, c'est la lenteur des mouvements du Taïji qui déclenche le plus de choses en moi, physiquement et mentalement. Ces exercices m'apportent de l'alignement et de la sérénité. Mon corps et mon esprit donnent l'impression de prendre le temps de dialoguer et de s'harmoniser ... ce qui est une révolution car auparavant c'était surtout l'esprit qui commandait sans écouter les remontées d'infos du corps ...
Très rapidement, en l'espace de quelques semaines, je décide de mener ces deux activités de front.
Fin 2002 aussi, au boulot, je fais la connaissance de Fred, un collègue de Thalès, pratiquant de Wing Chun et de Taïji, qui souhaitait depuis quelques temps créer une section Taïji au sein du CE de Thalès. Ensemble, nous lançons l'activité, et comme il n'y a pas besoin d'infrastructure, nous pratiquons dehors dans un premier temps, sur les terrains de sports du site Thalès de Basso-Cambo. C'est très vert, il fait souvent beau finalement, et le gymnase nous sert de repli quand il pleut ou quand il fait trop froid. Au début, nous ne sommes qu'une poignée et Fred assure les cours. Puis le groupe s'étoffe, et un prof externe (Jacky Ferré) nous rejoint. Il nous enseigne la Forme 24 de Pékin. Puis au décès de Jacky, 2 ans plus tard, c'est mon prof de Fonsorbes, Michel, qui prend la suite en 2006, nous amenant donc la forme 108 Yang.
Au fil des années, notre petit groupe de pratiquants grandit. Nous sommes une douzaine, puis une vingtaine, certains viennent suivre des stages à Fonsorbes. Puis nous créons des créneaux de Taïji sur d'autres sites Thalès (2, puis 3), dans des salles plus adéquates que le gymnase. Nous apprenons, nous échangeons, le plaisir est réel et constant. Et le fait de pouvoir pratiquer entre midi et deux sur son lieu de travail est un vrai plus pour le Bien-Être au Travail.
A Fonsorbes, je continue de m'éclater dans les 2 pratiques. J'ai intégré une façon de bouger mon corps bien plus bienveillante, et je suis devenu plus souple, plus tonique et plus endurant qu'avant l'opération ! Mon dos est devenu un ami, une structure fiable et que je respecte.
En parallèle, des sensations "curieuses" se sont développées : picotements, sensations de chaleur ou de courant d'air à l'intérieur, de points sensibles sur les bras ou les jambes, sentiment de grande sérénité lors de certains enchaînements. Cette impression magique parfois de ne faire qu'un avec l'Univers. Présentes de loin en loin au début, elles finissent par être systématiques à chaque cours. Je commence à éprouver littéralement cette espère de circulation interne de l'énergie, un peu comme on imagine la "Force" dans Star Wars ... avec parfois comme un échange muet d'informations entre les personnes ... muet mais terriblement précis !
2010-2013 : L'évolution vers l'enseignement
L'activité Taïji a de plus en plus de succès à Fonsorbes, et nous sommes parfois 30 personnes sur ce grand tatami, avec un mélange d'anciens et de nouveaux. Je fais partie des anciens (8 ans déjà) et Michel a constaté mon envie de partager et de transmettre mes connaissances. Nous créons donc des groupes de niveau, validant la demande des participants plus anciens de creuser davantage dans l'apprentissage de l'ensemble de la forme. Je m'investis avec plaisir dans l'encadrement des débutants.
Même scénario dans nos cours à Thalès.
En septembre 2010, j'intègre la formation continue des profs de l’école Fa-Taïji à Blagnac, dirigée par Jean-Jacques Galinier, qui anime la plupart des stages de Taïji proposés à Fonsorbes. Le rythme de travail de ces "stages profs" est très exigeant (plusieurs week-end complets chaque année), j’y étoffe mon bagage technique et spirituel en côtoyant des personnes passionnées et ravies de partager leurs connaissances, leurs compétences, leurs ressentis. L'énergie du groupe est puissante et entraînante, il y a beaucoup d'émulation et d'échanges, en plus d'une ambiance quasi familiale. J'y apprends aussi d'autres formes de pratiques : le Taïji des armes (bâton, épée), le travail martial, et ... le Qi Gong.
A cette période, je n'ai pas d'autre choix que d'abandonner, à regret, la pratique de l'Aïkido à Fonsorbes : mon investissement croissant dans l'animation Taïji ne me laisse plus le temps de mener ces deux activités de front.
En 2013-2014, je valide mes années d'expérience d'animation en obtenant le diplôme CQP-ALS option Arts Energétiques (auprès de la Fédération "Sports Pour Tous"). L'occasion encore de croiser des gens formidables, voués à la formation d'animateurs compétents, pédagogues et bienveillants : Véro, Stéphano, Perrine.
Dans la foulée de ce diplôme, comme beaucoup de mes pairs, je crée une auto-entreprise dans le domaine de l'animation. Je commence à avoir une petite idée derrière la tête car je ne me vois pas faire de l'informatique jusqu'à la retraite.
2013-2016 : La révélation du Qi Gong
Les ressentis physiques et spirituels puissants qui me traversent depuis quelques années n'ont pas cessé, bien au contraire. Beaucoup de mes pairs disent que c'est normal, que c'est lié à la pratique régulière et au lâcher-prise qui s'installe. Mais si ces ressentis se déclenchent souvent lors de la pratique du Taïji, ils se révèlent bien plus puissants et précis lors de postures spécifiques de Qi Gong. Cette pratique physique et énergétique, partie intégrante de la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), est une façon de travailler pour et avec son énergie interne. Jusque là, suivant l'exemple de mes pairs, je l'utilisais principalement lors des échauffements de Taïji.
Mais, au fond de moi, déjà, le Qi Gong est bien plus qu'un "outil" au service du Taïji ...
Pour avancer dans la compréhension de ces phénomènes, je m'intéresse de plus en plus à la MTC. J'apprends petit à petit les connexions subtiles entre le Yin et le Yang, les fonctions des Dan Tian (lieux où l'énergie vitale est produite, accumulée et mise en mouvement, équivalent chinois des Chakras au Yoga), les organes, les méridiens, les saisons, les éléments (Terre, Métal, Eau, Bois, Feu), les émotions liées ... Je discute avec ceux de mes pairs, praticiens en MTC ou non, qui éprouvent aussi ces sensations, et je m'inscris à des stages spécifiques et notamment des formations en énergétique chinoise proposées par Jean-Philippe Guidice. Ces week-end de travail seront pour moi une "révélation" au sens spirituel du terme. Jean-Phi continue d'être pour moi un mentor plein de bienveillance.
En parallèle, pour partager ce plaisir, j'émets l'idée de cours de Qi Gong à Fonsorbes et chez Thalès. Je me lance au culot, car j'ai bien plus de bagages en Taïji qu'en Qi Gong, mais une petite voix me pousse et me dit que c'est le bon chemin. Je peaufine mes compétences techniques et pédagogiques auprès de Jean-Phi et de Céline Bouin, membre aussi de Fa-Taïji, salariée de Thalès et déjà praticienne en MTC. Je découvre d'ailleurs à son contact toute l'incroyable et douce puissance du Yin. Je l'assiste lors des cours de Qi Gong à Thalès.
A Fonsorbes, l'activité Qi Gong attire tout de suite son public, différent de celui du Taïji, malgré des horaires de cours très peu pratiques : mercredi matin et jeudi après-midi. Au bout de 2 ans, il y a quasiment autant de pratiquants de Qi Gong que de Taïji. Le créneau du jeudi, qui proposait les 2 activités en parallèle sur le grand tatami, a vu beaucoup de pratiquants basculer peu à peu du Taïji vers le Qi Gong. Je prends très vite conscience que cette concurrence (au détriment du Taïji et donc de mon prof Michel) empêchera pour quelques temps l'existence d'un créneau de Qi Gong le soir ... Dix ans plus tard, en 2026, la situation n'a pas évolué : les cours du soir sont toujours chasse gardée du Taïji, et le cours du Qi Gong du jeudi après-midi a été décalé pour ne pas faire de concurrence au Taïji ...
Puisqu'on parle d'ego, force est de constater qu'égoïstement je m'éclate bien plus dans l'animation des cours de Qi Gong que de Taïji. Les enchaînements courts et variés, ainsi que toute la structure de la MTC (organes, méridiens, saisons, émotions, ...) sur laquelle on s'appuie explicitement, permettent à l'animateur d'être plus réactif et plus à l'écoute des attentes de mieux-être des pratiquants. D'un point de vue logistique et pédagogique, le Qi Gong permet aussi de mieux gérer ce manque de régularité saisonnier des pratiquants (âgés ou pas) que connaît toute association sportive ... Les gens sortent moins de chez eux l'hiver, quand il fait nuit tôt ou quand il pleut. Une absence de quelques semaines n'est pas rédhibitoire pour un pratiquant de Qi Gong, car il peut apprendre en 2 cours un enchaînement qu'il pourra pratiquer chez lui en autonomie.
De fait, entre 2013 et 2016, mon emploi du temps s'étoffe : j'anime jusqu'à 4 cours de Qi Gong et coanime encore 2 cours de Taïji chaque semaine, plus un cours d'arme (bâton) mensuel.
2013-2016 : Le constat d'une impasse pro
Côté professionnel, toujours salarié chez Thalès à l'approche de la cinquantaine, mes choix de carrière m'ont amené dans un cul-de-sac : après 25 ans d'expérience dans une spécialité technique, j'ai acquis une réelle expertise, reconnue en interne de Cannes à Brest. J'ai essayé (mollement ...) au fil des ans de transformer cela en expertise "officielle" (une reconnaissance financière, quoi), mais en parallèle, mon périmètre d'activité s'est réduit comme peau de chagrin. Je n'ai pas su bien gérer le timing, et ma hiérarchie estime que ça ne vaut plus le coup.
Techniquement, je suis devenu obsolète.
Un intervenant extérieur, expert lui aussi dans le même domaine, me briefe alors sur son activité en indépendant : il a trop de travail, doit refuser des contrats. Mais mon aversion pour les déplacements pro (il intervenait dans toute la France et en Europe) et mon engagement associatif quasi quotidien bloquent de fait cette réelle piste d'évolution de carrière ...
Thalès continue de me former à d'autres technologies informatiques, mais à chaque fois le constat est le même : ces formations ne me servent finalement à rien (à part consommer mon CPF), car des personnes plus jeunes en savent déjà plus que moi, apprennent plus vites et sont à la fois bien moins chères et plus malléables ...
Enfin, je n'ai pas du tout l'ambition du management. Dans les sociétés de services, le schéma "classique" de la carrière d'un ingénieur technique est de basculer peu à peu vers la gestion de projet et le management d'équipes. Mais, impliqué dans la vie syndicales depuis quelques années, je suis confronté à la RH et aux méfaits du management à la sauce Thalès. Sans le moindre doute, je préfère travailler du "bon" côté de la barrière et développer la bienveillance et l'écoute, plutôt que de devenir un rouage d'un système dont je ne partage pas toutes les valeurs.
Bref, je finis par m'inscrire à un vrai "Bilan de Compétences", afin de prouver à ma hiérarchie que je suis moteur pour trouver des pistes tangibles pour mon avenir pro. Après seulement deux séances, les notions d'accompagnement et de Coaching émergent, comme une évidence. Et la suite du bilan (8 séances en tout étalées sur 9 mois) ne fait que confirmer que je suis mûr pour faire le deuil de la technique et que mon avenir sera plus social et humain : le plaisir qui s'est installé ces dernières années dans l'animation des cours et l'accompagnement des autres était déjà le signe d'un changement personnel plus profond.
Mais comment pérenniser et professionnaliser cet élan ?
Après ce bilan, je m'inscris à des formations de développement personnel et de coaching pour en apprendre plus sur moi et sur ce métier. Je tente aussi de me faire financer par Thalès une vraie formation diplômante en Coaching (il en existe à Toulouse), en portant le projet, sur-mesure pour moi, de la création d'une cellule de coaching et d'accompagnement de Thalès Services. Dans ma mission de délégué du personnel, je m'implique plus encore dans l'accompagnement des salariés en difficulté, notamment ceux souffrant de dépression ou de burn-out. Je me sens assez légitime dans cette posture, et la RRH finit par reconnaître l'utilité de mes actions pour le mieux-être de ces salariés ... mais sans jamais reconnaître sa part de responsabilité dans les causes du mal-être ...
L'espoir de pouvoir faire ce que j'aime sans quitter Thalès me tient à cœur : il faut avouer qu'à 50 ans passés, abandonner le confort d'un métier salarié bien payé, dans une grande entreprise, pour se lancer dans l'aventure de l'auto-entreprise n'est vraiment pas une décision facile à prendre. C'est une prise de risques énorme et un gros pari sur l'avenir. Et les expériences de reconversion de mes pairs dans le Taïji et le Qi Gong démontrent que l'animation, seule, ne suffit souvent pas à faire vivre son bonhomme ...
Mon projet rêvé serait de négocier un mi-temps chez Thalès pour coacher des salariés (et accompagner tranquillement la fin de vie de mon domaine d'expertise) et de consacrer l'autre mi-temps à mon auto-entreprise pour développer le Qi Gong et le coaching.
2016-2017 : Il est temps que ça change ...
J'ai vraiment envie de partir, de me lancer, voire de tout plaquer. Mais il faut être lucide, rien n'est complètement prêt.
Je m'accroche quelques mois, en peaufinant mes calculs, sécurisant ma future retraite, et peaufinant mon business plan. J'insiste auprès de Thalès pour valider mon projet rêvé. Mais mes efforts restent vains : le Coaching n'a pas encore sa place chez Thalès Services. Des cellules de coaching existent pourtant déjà dans d'autres entités Thalès à Toulouse (TAS et TAV), avec des résultats probants, mais les décideurs en place dans mon environnement ne sont pas du tout moteurs : il n'y a ni volonté, ni budget, et trop peu d'actions.
En janvier 2017, mon lieu de travail déménage de Basso-Cambo à Labège. C'est la cerise sur le gâteau car je passe du jour au lendemain de 30 minutes de trajets quotidiens (j'habite depuis peu à Tournefeuille), souvent à vélo, à presque 2h de voiture lorsque les bouchons sur la rocade s'en mêlent ... On nous promet le métro pour bientôt (en 2026 il n'y est pas encore), on nous accorde une prime de déplacement. Mais ce temps perdu et ce stress accumulé en valent-ils la peine ?
Peut-être suis-je trop impatient ? Peut-être que Thalès a encore besoin de temps pour mettre tout cela en place ?
Peut-être, tout simplement, ne suis-je pas la bonne personne pour eux ?
Pas de hasard, ce questionnement "existentiel" se fait aussi au sein du club de Fonsorbes et de l'école Fa-Taïji. De plus en plus, je trouve leur approche du Taïji figée, dogmatique et prosélyte, laissant peu de place aux initiatives individuelles. En outre, ma préférence assumée pour le Qi Gong m'éloigne de Michel et d'autres qui semblent considérer que je choisis la voie de la facilité. J'entends dire que "le Taïji se suffit à lui-même car tout le Qi Gong est déjà dans le Taïji" ... qu'il suffit "d'adapter ma pratique et mon enseignement pour proposer du Taïji façon Qi Gong".
Je me pose la question de ma légitimité dans ce groupe qui m'a tant apporté. Et puis un jour, un de mes élèves, qui cherchait mes coordonnées sur le site de l'école, m'informe que mon nom n'est plus sur la liste des profs référencés. Je pose la question directement, et la réponse est très claire : "Eric, oui, je t'ai retiré il a quelques temps car tu n'es pas assez dans l'esprit du travail de l'école". Le manque d'élégance du procédé m'a confirmé que cet esprit-là, finalement, n'est pas (ou plus) le mien ...
Finalement, que ce soit pour cette passion ou mon travail (et aussi dans ma vie perso), la période est charnière : je n'ai plus ni l'envie ni la force de gaspiller de mon énergie en m'accrochant à des environnements qui ne sont plus épanouissants pour moi. Mes envies et mes besoins ont changé, je ressens comme une nécessité vitale d'oser autre chose et de créer mon propre univers.
"Do, or do not. There is no try." Maître Yoda
Quatre jours avant Noël 2017, comme un cadeau, je signe ma demande de rupture conventionnelle. C'est officiel, une nouvelle aventure commencera à l'été 2018.
2018-2023 : Nouveau chemin, nouveaux obstacles !
C'est bien connu de tous ceux qui cherchent à avancer, dès qu'une décision est prise, l'Univers envoie des signes et les choses se dénouent, confirmant ou infirmant son choix.
Dès janvier, ma candidature est retenue pour suivre le DU Coaching de l'Université de Toulouse, après une tentative avortée 2 ans plus tôt à cause de l'inertie de Thalès. Cette formation d'un an, chapeautée par Jacques Benyounès, fondateur du cursus et référence dans le milieu du Coaching, était une des seules formations universitaires publiques existantes en France. D'entrée, il est clair que l'équipe pédagogique a aussi beaucoup d'attentes, à savoir découvrir ce que peut apporter le Qi Gong et l'énergétique dans le processus de Coaching. Le challenge est motivant, sachant que dans le groupe, ils ont aussi sélectionné une enseignante de Yoga. De beaux moments énergétiques en perspective !
Je quitte donc Thalès fin juillet 2018 et, dans le même tempo, j'arrête de participer aux cours et aux événements de Fonsorbes et de l'école Fa-Taïji. Sans aucun regret ni pour l'un ni pour l'autre.
J'ai 53 ans 1/2, 3 ans devant moi (grâce à Pôle Emploi) pour valider et installer un projet professionnel autonome, et une dizaine d'années (à l'époque ...) avant d'atteindre l'âge de la retraite.
"All-in" comme on dit au poker.
Commencée en septembre 2018, la formation DU Coaching sera extraordinairement remuante, axée sur la découverte et l'acceptation de mes émotions et de mes blessures. Elle sera aussi très enrichissante sur la compréhension de la psyché humaine. Comme par hasard, nous apprenons en cours d'année que nous sommes la dernière promo : ce chemin de reconversion ne pouvait décidément pas attendre un an de plus !!
Nous avons tous vécu une psychothérapie de groupe, entourés de gens très bienveillants, et encadrés par de vrais experts en relations humaines. Un peu perdu quand même dans la (re)découverte des contradictions de mon intérieur, je réussis toutefois in extremis à obtenir le diplôme, à l'été 2019.
Tout roule ? Non : début 2020 marquera l'arrivée de la COVID, et mettra de nouveaux obstacles et défis sur ce chemin ... Tout a été compliqué pour tout le monde, bien sûr, mais pour nos activités de contact et d'animations en public, ce fut une catastrophe : il a fallu trouver des moyens de rebondir, de se remotiver, de gagner sa vie, voire tout simplement de s'occuper et ne pas perdre ses compétences.
Les CE de Thalès, à l'époque mes uniques employeurs avec Pôle Emploi, ont été à la hauteur de leur rôle social.
Et puis l'activité a repris très doucement, bien loin des prévisions du business plan. Mais cela laisse le temps aussi pour se poser les bonnes questions et pour apprendre encore et toujours la patience, l'alignement avec ses valeurs.
Ca m'a donné du temps aussi pour acheter et rénover une maison.
2023-2026 : nouvelle voie associative
Fin du printemps 2023, l'opportunité de donner des cours et des stages de Qi Gong à la Maison de Quartier de Quefets à Tournefeuille s'est faite jour, au hasard d'une réunion avec une autre association dans les locaux. La rencontre inattendue avec Anne Renoux, la directrice de l'établissement, m'a ouvert la possibilité d'une implantation plus locale. L'association "Avec Bienveillance pour le Corps" (ABC) est créée en juin 2023. Et vu l'accueil des participants depuis, ces cours de Qi Gong correspondaient à un vrai besoin de douceur et de prise en main de sa santé physique et psychologique.
Actuellement, je donne 5 cours de Qi Gong par semaine : 2 à Quéfets et 3 chez Thalès, et j'encadre une douzaine de stages par an.
J'exerce également en tant que Coach Professionnel pour accompagner vos prises de décision, notamment dans les phases de changement (mal-être au travail, reconversion, retraite, ...). Dans ce cadre, il m'arrive bien entendu d'utiliser les aspects énergétiques du Qi Gong pour vous faire découvrir, reconnaître et accepter les émotions qui vous traversent et impactent parfois inconsciemment vos comportements et vos décisions.
Tarifs : https://www.payasso.fr/abc/coachings
Enfin, depuis 2022, je m'essaye au Mentoring énergétique, à savoir un accompagnement spécifique de personnes dont le ressenti énergétique se développe (très souvent par la pratique du Taïji ou du Qi Gong) et qui ne se sentent pas forcément à l'aise avec ça.
Me contacter directement pour ces deux sujets.
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